Par Joanie Bélanger
Le sapin fait partie de mes arbres préférés. C’est un arbre abondant que l’on trouve partout au Québec, disponible toute l’année, intéressant en cuisine et incontournable sur le plan médicinal. Saviez-vous qu’il n’y a qu’une seule espèce de sapin au Québec ? C’est le sapin baumier, Abies balsamea.
Identification du sapin baumier
Trois critères suffisent, et ils se vérifient avec les mains.
- Les aiguilles sont plates et ne roulent pas entre les doigts. Elles sont disposées de chaque côté de la branche. Retournez-en une : deux fines bandes pâles courent dessous.
- Les aiguilles sont douces au toucher. Elles ne piquent pas. Froissez-les : ça sent Noël.
- L’écorce est lisse, parsemée de petites vésicules gonflées de résine, la fameuse gomme de sapin.
- Arbre, tronc unique
- Deux bandes pâles sous l’aiguille
- Odeur résineuse franche
- Vésicules de résine sur l’écorce
- Arbuste rampant, moins de 2 m
- Dessous de l’aiguille vert uni
- Odeur faible, pas de résine
- Petit fruit rouge vif en coupe



Cueillir sans nuire à l’arbre
Tout s’utilise sur le sapin : les jeunes pousses, les aiguilles, l’oléorésine et l’écorce interne. Les jeunes pousses se récoltent en mai et juin, lorsqu’elles sont encore vert pâle et tendres. Les aiguilles se récoltent toute l’année. L’oléorésine se recueille en perçant les vésicules ; elle est plus liquide l’été, mais se récolte en toute saison, comme l’écorce interne.
Prélevez les extrémités des rameaux, quelques centimètres seulement, jamais plus que quelques pointes par branche ni plus de quelques branches par arbre. Choisissez des arbres loin des routes.
L’eau de sapin, la façon la plus simple
Ma façon préférée d’utiliser les aiguilles est d’en faire une eau de sapin : une macération des aiguilles coupées, dans de l’eau à température ambiante, pendant plusieurs heures. Sans chaleur, on conserve un maximum de saveur et de vitamine C, excellente pour soutenir le système immunitaire. Une infusion de pousses ou d’aiguilles est aussi un bon allié en cas de rhume : le sapin aide à expectorer.
Le sirop de sapin en cinq étapes
Ingrédients
- 2 tasses d’aiguilles de sapin baumier fraîches, rincées, sans bouts de bois
- 2 tasses d’eau
- 1 ½ tasse de sucre de canne, ou 1 tasse de miel ajouté hors du feu
- Le zeste d’un demi-citron, facultatif
- Hacher les aiguillesAu couteau ou aux ciseaux, grossièrement. Plus elles sont coupées, plus elles libèrent d’arôme.
- Porter l’eau à ébullition, puis retirer du feuFaire bouillir les aiguilles les rendrait amères et chasserait leurs huiles. On infuse hors du feu.
- Infuser une nuitAjouter les aiguilles à l’eau chaude, couvrir, laisser reposer 8 à 12 heures.
- Filtrer et sucrerPasser au tamis fin en pressant les aiguilles. Ajouter le sucre et chauffer doucement jusqu’à dissolution, puis laisser frémir 10 à 15 minutes jusqu’à consistance sirupeuse.
- EmbouteillerVerser chaud dans une bouteille propre. Un mois au réfrigérateur, ou en cubes au congélateur.
Une cuillère dans l’eau chaude ou pétillante, un filet sur une poire pochée, une touche dans une vinaigrette à l’érable. En décembre, une bouteille avec une étiquette à la main fait un cadeau qui sent la forêt.
Bienfaits et usages du sapin baumier
Le sapin est très riche en vitamine C. L’infusion de pousses ou d’aiguilles soulage le rhume et la grippe en aidant à expectorer. L’oléorésine, la gomme de sapin, est efficace contre les maux de gorge, la toux et la congestion ; appliquée sur la peau, elle traite coupures, plaies et piqûres d’insectes. Bon à savoir quand on se blesse en forêt. Comme pour toute plante sauvage, on commence par de petites quantités, et on s’abstient pendant la grossesse sans l’avis d’un professionnel.
Le sapin baumier est, selon moi, un incontournable à connaître quand on vit au Québec. Abondant, partout, toute l’année, et d’une grande utilité pour se soigner en plein hiver. Quoi demander de mieux ?
